Qu'est-ce qu'une infertilité de couple ?

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit l'infertilité au sein d'un couple par l'impossibilité d'obtenir une grossesse ou de mener une grossesse à terme après au moins un an de rapports sexuels réguliers et non protégés.

L'infertilité est dite :

  • primaire quand le couple n'a jamais eu de grossesse,
  • primo-secondaire quand il y a eu un début de grossesse (grossesse arrêtée, grossesse extra-utérine ou IVG),
  • secondaire quand le couple a déjà eu un enfant

En France, selon des chiffres récents, un couple sur quatre consulte pour infertilité et dans près de la moitié des cas, il existe une part masculine.

Les Dr Aurélie BROSSE et Dr Lucie RENAULT sont endocrinologues de formation, spécialisées en infertilité masculine. Elles ne pratiquent pas de chirurgie ni d'examens de radiologie. Elles travaillent en partenariat avec des urologues et des radiologues compétents dans ce domaine.

Elles sont rattachées à des Centres d'Aide Médicale à la Procréation et travaillent en étroite collaboration avec les gynécologues et biologistes de la reproduction.

Parcours masculin en fertilité (brochure MERCK)

En quoi consiste un spermogramme ?

Le sperme est constitué du liquide séminal produit par des glandes lors de l'éjaculation (la prostate, les vésicules séminales, les épididymes) dans lequel vont se déplacer les spermatozoïdes produits par les testicules. La production de spermatozoïdes par les testicules est un phénomène continu. Un cycle de spermatogenèse dure 74 jours. Les résultats peuvent fluctuer d'un cycle à l'autre, c'est pourquoi, en cas de résultats pathologiques du spermogramme, il est souhaitable de répéter l'examen 3 mois plus tard.

Le spermogramme est réalisé en laboratoire spécialisé. Un délai d'abstinence sexuelle de 2 à 5 jours doit être respecté avant l'analyse du sperme. Une bonne hydratation dans les 3 jours précédents le recueil (boire environ 2 litres d'eau par jour) est conseillée, afin d'éviter une infection qui pourrait perturber l'étude des spermatozoïdes.

Le prélèvement est réalisé par le patient par masturbation. Le recueil de l'éjaculat est réalisé dans un flacon stérile, après toilette intime, afin qu'il puisse être analysé.

Le spermogramme permet l'analyse quantitative et qualitative des spermatozoïdes. Il évalue aussi en partie la qualité des sécrétions des glandes associées : volume, pH, viscosité, couleur, liquéfaction, concentration des spermatozoïdes, mobilité, vitalité, présence de globules blancs. Le spermocytogramme évalue la morphologie des spermatozoïdes.

Ces examens permettent de déceler plusieurs anomalies des spermatozoïdes :

Azoospermie absence de spermatozoïdes
Cryptozoospermie présence de rares spermatozoïdes
Oligospermie diminution du nombre de spermatozoïdes
Nécrospermie diminution de la vitalité des spermatozoïdes
Asthénospermie diminution de la mobilité des spermatozoïdes
Tératospermie diminution du nombre de spermatozoïdes dits « typiques »

Brochures d'information MERCK

Quels autres examens spermiologiques peuvent être prescrits par l'andrologue dans le cadre d'une infertilité ?

  • Un Test de Migration-Survie (TMS) : ce test permet d'estimer la capacité des spermatozoïdes à conserver une bonne mobilité dans le temps. Il permet de sélectionner les spermatozoïdes les plus mobiles et a priori les plus fécondants et de choisir la technique d'Aide Médicale à la Procréation (AMP) la plus adaptée si besoin : Inséminations Artificielles Intra-Utérines (IAIU), Fécondation In-Vitro (FIV) ou FIV avec micro-injection (ICSI).
  • Un Mar-test ou une recherche d'Anticorps anti-spermatozoïdes (ACAS) : ce test recherche des anticorps dans le liquide séminal qui pourraient réduire la mobilité des spermatozoïdes ou leur capacité à féconder l'ovocyte.
  • Une spermoculture : c'est la recherche de germes pathogènes (microbes) dans le sperme. Normalement, le sperme est « stérile », c'est-à-dire indemne de la présence de germes. Mais il peut y avoir des infections du sperme, sans fièvre ni autre signe, qui peuvent être responsables d'infertilité.
  • Une étude de la biochimie séminale : elle permet d'étudier la composition du liquide séminal et d'identifier une éventuelle obstruction des voies génitales chez l'homme.
  • Une Fragmentation de l'ADN des spermatozoïdes (et de la condensation de l'ADN) : cette analyse de la qualité du matériel génétique contenu dans la tête des spermatozoïdes permet de déceler une altération de la qualité des spermatozoïdes pouvant compromettre la fécondation et le développement embryonnaire.

Quelles sont les causes de l'infertilité masculine ?

Les causes pré-testiculaires (origine centrale)

Les testicules sont sous la dépendance de deux hormones sécrétées par l'hypophyse (FSH et LH). Si ces hormones manquent, les testicules ne fonctionnent pas, entraînant un déficit de production des spermatozoïdes et de la testostérone.

Les causes testiculaires : les plus fréquentes

Cryptorchidie (testicules non ou mal descendus), varicocèle, certaines anomalies du caryotype, certaines délétions du chromosome Y, torsion testiculaire, hématome, orchites, traitements (certaines chimiothérapies par exemple).

Les causes post-testiculaires

Obstruction sur les voies excrétrices (kystes, séquelles infectieuses (épididymite, prostatite), traumatiques, post-chirurgicales (hernie inguinale) ou malformatives) ou absence de voies permettant l'excrétion des spermatozoïdes comme l'agénésie Bilatérales des Canaux Déférents (ABCD).

Peuvent se surajouter : des causes environnementales (exposition aux perturbateurs endocriniens, exposition à la chaleur ou à des toxiques…) et des causes sexologiques (trouble de l'érection ou de l'éjaculation).

Dans 8% des cas, l'infertilité reste inexpliquée (« idiopathique »).

Les causes d'infertilité (brochure MERCK)
La génétique en AMP (brochure)

Comment prendre en charge l'infertilité masculine ?

En fonction de la cause identifiée comme responsable de l'infertilité, l'andrologue pourra proposer au patient le traitement le plus adapté.

  • Traitement médicamenteux (antibiotique +/- anti-inflammatoire si infection, stimulation hormonale de la spermatogenèse, prise en charge des troubles de l'érection etc.)
  • Traitement de radiologie interventionnelle : embolisation (ou sclérothérapie) de varicocèle, ponction de kyste prostatique écho-guidée etc.
  • Traitement chirurgical si nécessaire : cure de varicocèle, réparation des voies séminales, prélèvement de spermatozoïdes dans les épididymes ou dans les testicules etc.

Pour la grande majorité des patients, un traitement par anti-oxydants (vitamines, oligo-éléments) sera proposé afin d'améliorer le nombre et la qualité des spermatozoïdes et d'optimiser les chances de grossesse spontanée ou en AMP.

L'objectif de la prise en charge andrologique est d'optimiser les chances de grossesse spontanée évolutive au sein d'un couple.

Si la mise en route d'une grossesse spontanée n'est pas obtenue, en partenariat avec le gynécologue qui prend en charge sa conjointe, l'andrologue pourra proposer au patient une Assistance Médicale à la Procréation (AMP) : Inséminations Artificielles Intra-Utérine (IAIU), Fécondation In-Vitro (FIV) ou FIV avec micro-injection (FIV-ICSI).

Inséminations et FIV (brochure MERCK)
Nouvelle loi en bioéthique et parcours en AMP (brochure)
Qu'est-ce que l'infertilité de couple ?
Atlas de la reproduction assistée
Insémination intra-utérine

Pour toute question relative à l'infertilité masculine, n'hésitez pas à prendre rendez-vous.